« Grand écran »: le sens d’une oeuvre

Selon André malraux, « L’art est l’une des  défenses fondamentales contre le destin« .

L’artiste crée les formes laissant surgir l’imprévisible et l’inattendu.  En cela, il révèle l’image nouvelle, canalise le rythme, scande le temps. Chaque oeuvre d’art est en définitive le résultat d’un mouvement qui réconcilie le passé au futur. Car l’artiste rend  lisible son temps, issu de la continuité humaine. De l’image des  dieux à l’expression des désirs, pour devenir abstraction, l’art traduisit, au cours de l’Histoire, cette métamorphose du possible humain qui se décline sans cesse en nouveauté au flux constant.

L’image du « grand écran » nous  renvoie à celle du cinéma, mouvement d’images et de sons, en parfaite adéquation avec le grand Art à géométrie variable quand l’artiste projette son esprit sur la toile. Il s’est agi pour moi de dresser ici, en face du réel, un monde imaginaire qui illustre la capacité de métamorphose de l’esprit modifiant sans cesse le sens du temps en sensations, en couleurs, en bruits, en odeurs. Le souffle explore et explose les couleurs en évantail, dans une  synchronicité spatiale. La ville est ici présente, probablement  dissimulée sous un goût d’agrume ou un soleil brûlant.

Qu’importe ! Le sens est libre de toute interprétation, de toute fixation et de toute rigidité, car l’ horizon est pleinement ouvert comme peut l’être l’imagination, à chaque instant, de l’aube au crépuscule.

E.V