L’Art et la Culture peuvent rendre à notre époque la profondeur qui lui fait défaut

Affirmer l’Amour en dissidence et que personne ne dorme !
L’art et la culture peuvent rendre à notre époque la profondeur qui lui fait défaut, et qui n’a pas encore totalement disparu. Mais le temps presse. C’est en réalité une véritable course contre la montre. Chaque jour la violence gagne du terrain, les conflits s’intensifient, et l’espoir s’amenuise. C’est pourquoi, il nous faut parler de ce qui nous rassemble, et non pas de ce qui nous sépare et parfois nous divise. Nous devons témoigner, inlassablement, de cette passion qui anime les hommes, de cet amour qui les lie humainement, par leurs existences communes, dans leurs projets et par leurs créations. Nous devons également aider les artistes. L’art n’est pas quelque chose de superflu. Les artistes contribuent à maintenir en vie la dimension intérieure de l’homme parce qu’eux-mêmes ne peuvent vivre autrement qu’en s’unissant à l’univers, révélant à la lumière leur part d’ombre, leurs espoirs, leurs souffrances et leur faiblesse. Ils éprouvent la nécessité de leur donner une forme qui les transcende et un sens dans lequel chacun peut se retrouver humainement et spirituellement.

Le monde nouveau commence avec nous. Ce monde soucieux des enjeux planétaires, des causes environnementales et humaines, soucieux aussi de la façon dont vivent des hommes, des femmes et des enfants dans leur simple condition, a déjà commencé.  Et nombreux sont ceux, parmi nous, qui pensent  le changement et agissent pour qu’il advienne. Cependant, pour un intellectuel engagé, il n’est malheureusement plus possible de parler du bonheur sous couvert d’apparences faussement douce-heureuses, tant les inégalités et les atteintes aux droits humains sont intolérables. Ce qui signifie qu’il se doit d’être juste. Le mot « juste » fait référence à ceux de « justesse » et de  « justice ». C’est ici une subtilité de la langue française qui, en un seul mot, celui de « juste », nous renvoie à tous nos faux-semblants et à notre clairvoyance. Peut-être est-ce là le commencement de ce monde nouveau qui exige, de notre part, courage, lucidité et générosité ?

Soljenitsyne affirmait dans son Discours de Harvard, le 8 juin 1978, que « Le déclin des arts et le manque de grands d’hommes d’Etat sont des symptômes révélateurs et des avertissements pour une société menacée en péril. » Il affirmait également « Nous avons tourné le dos à l’esprit et embrassé tout ce qui est matériel avec excès et sans mesure« . [..] Une liberté destructrice et irresponsable s’est vue accorder un espace sans limite ». La cause du mal résidait, selon lui, dans l’humanisme rationaliste hérité du siècle des Lumières qui avait placé l’homme au centre de tout, en édifiant un anthropocentrisme destructeur. Dans ce même discours, Soljenitsyne invitait l’Occident à ne pas limiter son action aux droits de l’Homme, mais à faire face à ses responsabilités. Selon lui, le salut de l’homme ne pouvait venir que de la modération volontaire de ses passions et de son élévation spirituelle, car l’âme humaine aspire à des choses plus élevées que celles offertes par le matérialisme et le consumérisme. À cela des causes bien précises : l’absence de sensibilité et de vie intérieure. J’y ajouterai le manque  d’amour. Le monde souffre cruellement de ces manques. Les personnes les plus démunies et les plus vulnérables, les femmes et les enfants en souffrent plus que  d’autres. Mais d’une façon ou d’une autre, nous en souffrons tous.

En effet,

  • Le pillage des ressources de la Terre et les atteintes à la biodiversité,
  • La surexploitation animale,
  • La pollution environnementale et chimique,
  • La spoliation des droits des peuples,
  • La maltraitance des plus vulnérables, des hommes, des femmes et des enfants,
  • La destruction à travers le monde de la diversité naturelle et de la diversité culturelle,
  • La marginalisation et la paupérisation des êtres humains par un système économique inégalitaire,

Toutes ces questions sont autant de crimes contre l’humanité et contre le monde vivant. Toutes les  revendications des hommes et des femmes opprimés qui réclament le respect de leurs droits et de leur culture, ou pour leurs terres, nous disent ce qui ne va pas de nos sociétés. Mais fondamentalement, il s’agit de revendications d’amour: l’amour pour nos familles, pour nos amis, pour des étrangers,  pour  les générations futures, pour l’ensemble des espèces vivantes, pour l’air que nous respirons, pour l’eau que nous buvons et pour la Terre qui nous soutient et nous nourrit. Toutes les causes environnementales et humaines nous  concernent tous, car elles nous sont communes. Elles concernent nos droits humains et la préservation de notre patrimoine universel. Elles concernent également l’affection et la solidarité indispensables à notre survie et à notre épanouissement.

©Evelyne Vuillermoz, Extrait de « À l’aube nous vaincrons ! Créer des Sociétés Positives pour un Développement Durable », en vente sur Amazon.fr